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Mediator : «Victimes du Mediator : suivons l'exemple de l'amiante !»

Dimanche 10 avril 2011

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Interview de Maître Jean-Christophe Coubris sur le site de l'Express. Celui-ci revient sur la création et le mode de fonctionnement d'un fonds d'indemnisation pour les victimes du Mediator et la responsabilité des Laboratoires Servier.

Par Estelle SAGET

L'Express.fr : Le ministre de la Santé pose comme condition, pour créer un fonds d'indemnisation des victimes du Mediator, qu'il soit entièrement financé par le laboratoire Servier. Qu'en pensez-vous?

Me Jean-Christophe Coubris : Xavier Bertrand ne veut pas que l'Etat, c'est à dire les contribuables, prennent en charge des préjudices causés par une entreprise privée. Je comprends sa position. Mais les victimes ne peuvent pas attendre indéfiniment l'issue de ce bras de fer entre le ministre et le laboratoire. L'Etat doit débloquer les sommes d'abord, et se retourner contre Servier ensuite. Actuellement, on se bat pour savoir qui va financer ce fonds alors qu'on devrait plutôt se demander comment on va réussir à étudier autant de demandes à la fois.

Comment savoir, à ce stade, combien de personnes vont porter plainte?

Me Jean-Christophe Coubris : Rien qu'à mon cabinet, spécialisé dans les affaires médicales, à Bordeaux, nous défendons environ 600 victimes présentant des séquelles avérées. Je vous laisse imaginer le nombre de plaintes qui seront finalement déposées à l'échelle nationale: sans doute plusieurs milliers. J'aimerais bien savoir comment on va trouver suffisamment d'experts assermentés par les tribunaux pour examiner toutes ces victimes, combien de temps ça va prendre...

Vous avez une autre idée?

Me Jean-Christophe Coubris : Il faudrait s'inspirer d'une autre affaire de santé publique de grande ampleur, celle de l'amiante. Je connais bien le système mis en place car je défends chaque année une centaine de malades ayant été exposés à cette fibre. Suivons l'exemple de l'amiante pour indemniser les victimes du Mediator.

C'est-à-dire?

Me Jean-Christophe Coubris : Le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante, le Fiva, a la particularité de se prononcer sur dossier. Ce principe évite aux victimes l'épreuve des expertises médicales, longues et pénibles. Pour fixer la somme proposée, le Fiva se base sur une liste de pathologies associées à l'exposition à l'amiante, avec plusieurs degrés de gravité. On pourrait faire la même chose avec le Mediator, dont les conséquences sur la santé sont clairement identifiées aujourd'hui. Ce médicament provoque soit de l'hypertension artérielle pulmonaire, soit des atteintes des valves du coeur, qui sont cotées du grade 1 au grade 4.

Sauf que les offres du FIVA sont souvent jugées trop faibles et refusées par les victimes...

Me Jean-Christophe Coubris : C'est vrai, la moitié d'entre elles forment un recours devant la cour d'appel. Ca n'empêche, c'est un système rapide qui permet de traiter un grand nombre de demandes à moindres frais.

Mais Servier serait alors exonéré de toute responsabilité?

Me Jean-Christophe Coubris :Non, car les plaintes au pénal suivraient leur cours, au pôle de santé publique à Paris. Exactement comme pour l'amiante.

Source:

"Victimes du Mediator: suivons l'exemple de l'amiante!"
lexpress.fr - 4/04/2011