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Collision mortelle à Puisseguin - Interview de Me Philippe Courtois

Vendredi 23 octobre 2015

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43 personnes sont mortes ce vendredi matin dans la collision d'un autocar avec un camion près de Libourne en Gironde.

Quelques heures après le drame, la question de la sécurité se pose.

Interview de Philippe Courtois, avocat de la Fédération Nationale des Victimes de la Route.

 

Collision mortelle à Puisseguin - Interview de Me Philippe Courtois

Source: lexpress.fr

Il est tôt ce vendredi matin sur une départementale de Gironde quand un bus percute violemment un camion en travers de la route.

Les véhicules prennent feu, la plupart des 48 passagers de l'autocar se retrouvent piégés dans le véhicule en flammes. Pour la plupart, ce sont des personnes âgées, brûlées vives.

Le bilan est lourd : 42 morts dont le chauffeur du camion (NDLR 43 morts suite à la decouverte du corps du petit garçon de 3 ans dans la cabine calcinée du camion). On parle de l'accident d'autocar le plus meurtrier depuis 33 ans en France.

Interview avec Philippe Courtois, avocat de la Fédération nationale des victimes de la route.

Plusieurs témoignages font état d'un virage dangereux. Est-ce un élément important à prendre en compte ?

Je suis de Bordeaux. Je connais ce virage pour l'avoir déjà emprunté. Il est vrai qu'il est dangereux et qu'il faut le prendre avec beaucoup de prudence.

Ce tragique accident, à cet endroit précis, soulève la question des infrastructures.

Pourquoi rien n'a été fait sur cette petite route que l'on sait accidentogène ? Pourquoi autorise-t-on deux véhicules d'un tel gabarit à y circuler ? Ou pourquoi ne pas alors élargir la chaussée ? La responsabilité de l'Etat peut être mise en cause.

De nombreuses choses sont mises en place pour la sécurité routière mais essentiellement sous un angle répressif avec la multiplication du nombre de radars à tous les niveaux.

Quels dispositifs de sécurité sont mis en place dans les bus ?

On a essayé d'améliorer la sécurité en forçant les passagers à porter des ceintures, comme dans les voitures.

Mais lorsqu'un tel accident se produit, le problème est autre car vous vous retrouvez quasiment dans une prison d'acier dont il est presque impossible de s'échapper. Ce qui explique que l'on dénombre un tel nombre de victimes.

Le chauffeur a eu le bon réflexe en actionnant au dernier moment les portes de secours, ce qui a permis à quelques personnes de s'en sortir. Mais combien l'aurait eu ?

La question d'une prise en compte de la sécurité en amont dans les autocars est à soulever. Quand vous montez dans un avion, le personnel de bord vous rappelle les consignes de sécurité. Ce n'est pas le cas dans les bus. Or, il y a beaucoup moins d'accidents d'avion que d'accidents de la route.

Vous êtes l'avocat de la Fédération nationale des victimes de la route, quel est le message à faire passer aux familles ?

Un accident de la route est un choc terrible, il n'y a rien de pire.

Vous dites au revoir à vos proches le matin et vous ne la revoyez plus jamais. Personne ne peut être préparé à ça.

Certains avaient même plusieurs proches présents à bord. Il faut donc penser aux victimes mais aussi à leurs familles.


Source :

Collision mortelle en Gironde: « Pourquoi rien n'a été fait sur cette petite route dangereuse ? »
l'Express - 23/10/2015